La fertilité masculine à la loupe
Quand il est question de fertilité ou d’infertilité, on parle beaucoup des femmes (ou peut-être que ce sont les femmes qui s’emparent le plus du sujet ?), et pourtant, on oublie parfois que :
50% des cas d’infertilité chez les couples sont liés à des problématiques d’origine masculine.
Depuis une 50aine d’années, la concentration spermatique a baissé d’environ 50%.
La baisse de cette concentration s’accélère particulièrement depuis les années 2000.
Si l’homme en bonne santé est fertile tous les jours, il connaît lui aussi une baisse naturelle de sa fertilité à partir de 35-40 ans, que ce soit la baisse de la qualité spermatique ou la baisse de la qualité de l’ADN.
Les causes de l'infertilité : génétique, médical et mode de vie
Plusieurs facteurs peuvent impacter la fertilité masculine. Certains sont d'ordre médical ou biologique :
Les causes médicales :
on retrouve les causes mécaniques, comme la présence de varicocèle (dilatation variqueuse d’une veine au niveau du cordon spermatique), ou malformations urogénitales telles que cryptorchidie, orchite, traumas testiculaires, ou problèmes d’éjaculation rétrograde
hormonales : hypogonadisme, lequel est un défaut de testostérone associé à une diminution de la production de spermato (diabète, hyperthyroïdie, tumeur hypophysaire ou syndrome de Klinfelter peuvent être liés)
Diabète, hypertension
L’auto-immunité (via MAR-test) avec anticorps anti spermato ou agglutination
Les IST - notamment chlamydiae et gonorrhée, mais aussi le papilloma virus : faites-vous régulièrement dépister _
Les anomalies spermatiques : c’est là que notre histoire de concentration en baisse d’environ 50% ces dernières années entre en jeu. Ce qui est rassurant c’est que l’on peut tout à fait avoir un enfant avec une concentration un peu faible si le reste ok : les trois éléments majeurs observés sont la concentration (azoospermie quand il y a absence de spermato ou oligospermie lorsqu’elle est faible), la mobilité (asthénospermie lorsqu’ils sont peu mobiles), et la forme (tératospermie si trop peu sont de forme normale)
La génétique
Les antécédents de prise de certains médicaments (corticoïdes, anti-dépresseurs, neuroleptiques, chimiothérapie, radiothérapie), ou d’actes chirurgicaux (hernie inguinale, chirurgie prostatique).
Les troubles de la libido impactant l’érection ou l’éjaculation.
Mais il y a aussi tout ce sur quoi en naturopathie on peut travailler... notamment les causes « environnementales » sur lesquelles nous avons le pouvoir d'agir, que nous pouvons résumer sous le terme “mode de vie”.
Le mode de vie
Tabagisme : la cigarette, mais pas que (cannabis, vaper, drogues diverses).
Alcoolisme : l'alcool consommé de façon chronique en excès (ça arrive plus vite qu’on ne le pense).
L'exposition à la chaleur : tout ce qui contribue à augmenter la température des coucouilles. Les spermato n’aiment pas la chaleur en excès ; leur position dans les testicules leur permet d’être contenus dans une température moindre que celle du corps. Attention donc aux foyers de chaleur importants :
Métiers près de fours, postes de soudure.
Pratique de saunas, hammams, jaccuzzis et bains chauds réguliers.
Sièges de voiture chauffants.
Postes très sédentaires (bougez régulièrement, étirez-vous !).
Pratique excessive de sport avec des frottements (cyclisme).
Port de slips/boxers ou pantalons très moulants.
L’ordi sur les genoux ou le téléphone dans la poche du pantalon.
Santé générale : des épisodes de fièvre peuvent aussi affecter la qualité du sperme.
Perturbateurs endocriniens et pollution : ils sont partout, mais on peut les limiter par certains gestes. Attention particulièrement aux hommes manipulant des produits toxiques dans certaines professions.
Stress, obésité et sédentarité : trop de sport n'est pas l'idéal, mais la testo est fortement stimulée par l’activité physique, notamment par le fait de soulever des poids lourds (#va soulever de la fonte).
Mauvaise hygiène alimentaire : une alimentation pauvre en nutriments (liée à la qualité des sols) et mal assimilée (repas pris trop vite, troubles digestifs chroniques) impacte le processus de maturation des spermatozoïdes.
L'accompagnement en naturopathie : optimiser le terrain
En naturopathie, au-delà des éléments environnementaux, nous allons veiller notamment à renforcer la présence de certains éléments micronutritionnels ayant des effets bénéfiques sur la testostérone ou sur la qualité et la motilité du sperme (ex : certains antioxydants, folates, zinc, sélénium, oméga 3...).
Ce processus de maturation est particulièrement gourmand en nutriments et en éléments antioxydants. Cependant, cela doit s'accompagner d'une recherche de la cause profonde qui peut rendre ces nutriments moins disponibles :
Choix alimentaires
Hypochlorhydrie
Microbiote perturbé ou perméabilité intestinale
Excès d’anti-nutriments ou d’éléments venant chélater les micro-nutriments
Pourquoi garder espoir ? Le cycle de la spermatogenèse
Pour ces messieurs, sachez que le renouvellement est régulier ! En effet, la spermatogenèse (le processus de formation des spermato qui se déroule dans les tubules séminifères des testicules) dure jusqu’à 72 voire 74 jours.
En un peu moins de trois mois, on relance donc une nouvelle chaîne de production. On peut ainsi avoir de belles évolutions avec des modifications d’hygiène de vie (sur l’arrêt du tabac par exemple, ça peut être très net entre deux spermogrammes). Trois mois, ce n’est pas grand-chose pour faire évoluer positivement les choses, même si je sais qu’à l’échelle de l’attente d’un bébé, c’est toujours trop long... :(
Loin de moi l’idée de vous faire croire qu’en seulement trois mois, c'est un coup de baguette « magique » à coup sûr avec un test positif à la clef, mais de beaux progrès sont possibles grâce à ce renouvellement.
Conclusion : la fertilité se joue à deux
La fertilité d’un couple se joue à deux, et les hommes ont un vrai rôle à jouer. Ce n’est pas parce que certains déséquilibres ont été objectivés dans le cycle de madame que monsieur n’a rien à faire de son côté, même si sur le papier il est dans la « norme ».
Il vaut toujours mieux un cycle pas dingue avec des spermatos de compét’ (optimisés), plutôt qu’un cycle pas dingue + des spermatos moyens (où l'on laisse la femme faire tout le boulot).
Si vous ressentez le besoin d'un accompagnement personnalisé pour optimiser votre fertilité ou celle de votre couple, n'hésitez pas à prendre rendez-vous.