Libido en berne : les causes souvent ignorées

Définir la libido n’est pas une mince affaire. De façon générale, on la voit comme « une énergie qui sous-tend les instincts de vie ». Elle est un élan, une énergie disponible qui s’exprime particulièrement sous la forme de désir sexuel spontané.

Quand on pense « manque de libido », on pense souvent à un conflit avoué ou inavoué vis-à-vis de notre partenaire si l’on est en couple, à des traumas, des questions d’orientation sexuelle, à une piètre estime de soi, à la difficulté à faire de la place pour son propre plaisir, au manque de légèreté dans notre vie, à des deuils, des échecs marquants, des épisodes dépressifs… ces causes sont à creuser de toute évidence (je ne m’étends pas dessus, un.e sexologue en parlerait bien mieux que moi).

Pour autant, peut-être qu’en dehors de ce sujet qui peut être assez traumatisant en soi quand il dure, vous ne vous reconnaissez véritablement dans aucune des causes possibles citées précédemment.

Et quand bien même vous vous reconnaissiez dans certaines d’entre elles… il convient toujours de creuser la physiologie. Et là c’est plus mon sujet en tant que naturopathe. Car parfois même, des manques physiologiques à eux seuls peuvent expliquer un manque de libido… Je m’explique.

La douleur et l'inconfort : les premiers freins

Bon, déjà, on sait très bien que la présence de maladies (ex : endométriose) peut altérer le désir de par les douleurs qu’elles peuvent occasionner lors des rapports. Un rapport sexuel douloureux est rarement très satisfaisant, et il est facile de tomber dans un cercle vicieux où la crainte de voir l’évènement se reproduire et de souffrir de nouveau nous paralyse.

On pense aussi aux femmes souffrant de sécheresse vaginale (ce qui peut être en lien avec un déséquilibre hormonal, ou avec des micro carences/des déficits) laquelle affecte aussi la qualité d’un rapport, et peut le rendre très inconfortable voire désagréable. Pensez au lubrifiant, vraiment, il y a une espèce de tabou avec le lubrifiant comme si c’était avouer un défaut ou une faiblesse, mais non, il ne faut vraiment pas s’en priver. D’ailleurs, l’utilisation d’un préservatif devrait toujours s’accompagner d’un lubrifiant. Bref.

Quand le corps passe en mode "survie"

En revanche, on pense moins à d’autres éléments lesquels sont pourtant très en lien avec notre libido, car avec notre fonction sexuelle.

Il faut avoir en tête que le corps priorise toujours sa survie quand il se sent menacé par un stress, et alors, la fonction reproductive est loin d’être sa priorité. Par conséquent, tout stress, surtout ceux chroniquement présents, participent à altérer la fonction sexuelle, et peuvent jouer sur la libido.

Comme je l'ai dit au départ, la libido est une énergie disponible. Si le corps ne dispose pas de suffisamment d’énergie pour maintenir ses fonctions de façon optimale, il fera l’économie sur d’autres. Ainsi, devant tout trouble persistant de la libido, il convient de s’interroger sur :

  • La présence de stress de type « petit vélo » : les pensées négatives en boucle, la peur de ne pas être à la hauteur, la pression que l’on se met seul.e pour réussir sur tous les plans et cocher les cases qui vont bien, la charge mentale du foyer, la maîtrise de notre quotidien que l’on tente d’avoir en permanence et qui nous laisse rarement revenir à la légèreté… ça c’est le stress que l’on connaît bien.

Mais le corps peut subir d’autres stress et agressions chroniques sournoises :

  • Un déséquilibre thyroïdien : qui dit thyroïde au ralenti, dit souvent fatigue, démotivation, voire déprime. On observe les hormones actives et les micronutriments nécessaires à leur synthèse et conversion, pour lesquels les déficits voire carences sont fréquents.

  • Un déséquilibre des neurotransmetteurs : notamment de la dopamine et de la sérotonine, lesquels requièrent eux aussi des micronutriments spécifiques.

  • La présence en quantité insuffisante de cholestérol, sans lequel nos hormones stéroïdiennes seront difficilement produites.

  • La quantité de l’hormone mère prégnénolone.

  • Les excès ou insuffisance en cortisol, et plus globalement la santé surrénalienne.

  • L'insuffisance d’oestrogènes/progestérone et le déséquilibre entre les deux, ainsi que l'insuffisance en testostérone (transporteurs vs fraction active).

  • Tous les micronutriments et minéraux indispensables à une bonne fonction hormonale et sexuelle, dont le zinc, l’iode et le sélénium, le fer, la vitamine D, E, les oméga 3, le cuivre, certaines vitamines B….

  • Tout ce qui peut participer à stresser le corps sournoisement, ex : inflammation de bas grade, déséquilibre de la glycémie, perméabilité intestinale, oxydation (cause et conséquence), parasites, virus et infections froides….

Et si on allait plus loin ensemble ?

Vous l'aurez compris, votre baisse de désir n'est pas forcément que "dans votre tête" ou le signe d'un problème de couple. C'est parfois simplement votre corps qui vous envoie un signal de détresse parce qu'il manque de ressources ou qu'il s'épuise à gérer des stress invisibles.

Si vous avez l'impression que votre "batterie énergétique" est à plat et que vous voulez retrouver cette étincelle, ne restez pas seule avec vos questions. On peut prendre le temps d'explorer cela ensemble et travailler à redonner à votre corps de la sécurité et de l'énergie via des adaptations dans votre hygiène de vie.

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