Excès d’oestrogènes : causes, cancer & prévention
Bon là, c’est le moment où vous vous dites « encore une naturo qui va nous faire flipper ».
Je suis d’accord pour dire que beaucoup d’informations anxiogènes peuvent circuler dans les médias. Certaines ne méritent à mon sens pas qu’on leur accorde tant d’importance… D’autres si, et ce sujet en fait partie selon moi.
Je voudrais vous parler du lien entre excès d’oestrogènes ou d’imprégnation oestrogénique, et augmentation du risque de cancer hormono-dépendant, mais aussi sur les facteurs de risques en lien avec notre hygiène de vie et notre environnement dont on ne parle que trop peu.
Le rôle des oestrogènes
Comme vous le savez maintenant, les oestrogènes jouent un rôle fondamental dans la croissance et la division cellulaire. Chez les femmes, ils sont fortement présents et participent à la croissance mammaire lors de la puberté, mais aussi à la maturation des follicules, à la croissance de l’endomètre lors de chaque cycle, ou encore sont importants lors de la grossesse.
Ainsi, notamment dans la poitrine, les ovaires, l’utérus, l’endomètre, le cerveau et le tissu gras/adipeux, les vaisseaux, les os, les oestrogènes se lient à certains récepteurs et initient la prolifération cellulaire.
Un facteur de risque à ne pas négliger
Malheureusement, comme dans beaucoup de situations, un excès est rarement bon. Dans le cas d’un terrain où les oestrogènes sont présents en excès (ou leur imprégnation hormonale), cela est un vrai facteur de risque concernant la hausse de cancer hormono-dépendant, et notamment celui du sein, qui est le cancer le plus fréquent en France, et la première cause de décès par cancer chez la femme.
Bien sûr, une partie des risques favorisant ce type de cancer est attribué à l’hérédité. Cependant, les recherches précisent que l’on ne sait pas toujours si cette disposition familiale est due au hasard, à un mode de vie que des membres de la famille ont en commun, à une prédisposition génétique, ou bien à une association de ces éléments.
Par ailleurs, bien d’autres éléments jouent : l’âge, certains traitements hormonaux, l’exposition aux hormones naturelles au cours de la vie, les rayonnements (radioactivité), etc.
Agir sur son hygiène de vie
Mon propos en tant que naturopathe étant de me centrer sur l’hygiène de vie et ses impacts, quels sont nos moyens d’action pour limiter l’excès d’oestrogènes associé à ce type de terrain ? Pour cela, il convient de s’interroger sur les causes liées à l’hygiène de vie et à l’environnement d’un terrain d’imprégnation oestrogénique en excès.
Causes majeures d’un terrain avec excès d’oestrogènes ou d’imprégnation oestrogénique :
Perturbateurs endocriniens, dont phthalates, bisphénols, pesticides, dioxines, PCB : posts prévus bientôt !
Insuffisance de progestérone pour contrebalancer les oestrogènes : ces hormones fonctionnent de concert, la clef est vraiment l’équilibre entre les deux parce qu’un taux suffisamment important de progestérone contrebalance les effets potentiellementnéfastes des oestrogènes en excès. Aller à la cause de ce qui augmente les oestrogènes est donc important, mais aller à celle qui perturbe la progestérone l’est tout autant.
Un foie un peu paresseux, et tout ce qui l’abime : c’est lui le chef d’orchestre de la détoxication des oestrogènes qui sont à éliminer une fois qu’ils ont joué leur job, par conséquent les déficits en éléments/nutriments incontournables au bon fonctionnement du foie joueront, mais aussi les excès de ce qui altère le bon fonctionnement de cet organe impacteront les oestrogènes.
Le surpoids, surtout excès de masse grasse (les femmes minces pouvant être concernées, cf. skinny fat), et l’obésité, le gras venant stimuler l’aromatase.
Consommation d’alcool chronique
L’insuline en excès, une mauvaise gestion de votre glycémie (même sans avoir un diabète)
Un microbiote déséquilibré : une dysbiose empêchera l’excrétion efficace des oestrogènes à éliminer une fois qu’ils ont joué leur rôle, certaines bactéries du microbiote venant défaire le boulot mené par le foie et ramener en circulation sanguine les oestrogènes qui seront de nouveau à traiter, ce qui augmente alors l’imprégnation générale. De la même façon, un transit optimal est nécessaire pour éliminer ces hormones.
Des niveaux de stress chronique élevés (cortisol)
Un faible niveau de testostérone
Une thyroïde ralentie
L’inflammation
Un défaut de modulation des récepteurs que l’on peut améliorer par l’assiette
En conclusion
On peut travailler sur beaucoup de causes conduisant à favoriser un excès d’oestrogènes, et cela passe par certaines modifications de l’hygiène de vie. Votre alimentation, votre niveau d’activité physique, votre environnement, la gestion de votre niveau de stress, tout cela impacte globalement votre équilibre hormonal.
Cela ne veut pas dire que l’on peut tout maîtriser, mais que l’on n’est certainement pas sans moyen d’action. La démarche naturopathique ne se situe pas dans un état d’esprit de combat ou de peur face à tout risque de maladie, mais de sensibiliser au fait que nous pouvons participer activement à favoriser notre santé et notre bien-être.
Si vous ressentez le besoin d'être accompagnée pour faire le point sur votre terrain hormonal et mettre en place des actions concrètes et personnalisées, je vous invite à prendre rendez-vous pour une consultation. Ensemble, nous travaillerons à soutenir votre équilibre et votre vitalité.