Alcool, excès d’oestrogènes & astuces
Pour faire suite au post sur certains des risques associés au terrain de domination oestrogénique ou d’imprégnation oestrogénique, j’avais envie de vous faire un petit zoom sur la consommation d’alcool. C'est une cause liée à l'hygiène de vie qui est trop méconnue des femmes comme étant particulièrement associée à l’élévation du risque de cancer du sein.
En effet, on sait tous que l’alcool est mauvais pour la santé, mais on pense souvent à son impact sur le foie ou la sphère neuro-psy quand il est consommé en grosses quantités. On oublie que la population féminine dispose d’un système hormonal particulièrement complexe et sensible à son action, et ce, pour des quantités finalement assez basses.
Mais de quelle quantité parle-t-on ?
Sachez que le risque de cancer du sein augmente dès la consommation d’un verre par jour, et deux petits verres de vin augmenteraient le risque de plus de 10%. En Europe, 1 cas de cancer du sein sur 4 serait imputable à l’alcool (données OMS).
Ce n'est pas un post sur l'alcoolisme avéré — si vous pensez souffrir d'une dépendance, c'est vers votre médecin ou un addictologue qu'il faut se tourner. Ce post s'adresse à nous tous qui consommons de l'alcool régulièrement, notamment l'alcool "mondain", sans forcément se rendre ivre.
Comment l'alcool agit-il sur vos oestrogènes ?
L'alcool crée un véritable "climat oestrogénique" par trois mécanismes clés :
La stimulation de l'aromatase : L’alcool a la capacité de stimuler l’aromatase, l’enzyme à l’origine de la synthèse des oestrogènes. Ce faisant, il contribue à en augmenter la présence dans votre corps.
La perturbation de la détoxification : Une fois que les oestrogènes ont joué leur rôle, ils doivent être éliminés. Or, l’alcool perturbe ce processus : il augmente les 16 OH oestrones (de mauvais métabolites) qui sont pro-cancérogènes et génotoxiques.
L'impact sur le microbiote : L’alcool perturbe votre microbiote intestinal, également impliqué dans l’élimination des hormones. Certaines mauvaises bactéries en excès peuvent alors « détricoter » (on parle de déconjugaison) le travail initialement mené par le foie : les oestrogènes retournent en circulation, ce qui augmente l’imprégnation dans le corps.
Comme vous le savez, les oestrogènes sont fondamentaux, mais une exposition trop prolongée ou trop conséquente augmente le risque de cancers hormono-dépendants (sein, mais aussi utérus, prostate).
Comment limiter sa consommation au quotidien ?
Notre culture nous encourage à consommer (le vin est parfois vu comme un patrimoine à honorer plutôt que comme de l'alcool !), et le stress quotidien nous pousse souvent à chercher cet effet "déconnectant". Pourtant, on arrive vite à une forme de dépendance quand le verre devient un réflexe post-travail.
Voici quelques pistes pour vous aider à garder l'alcool pour les occasions plus spéciales :
1. Tester des alternatives de boissons
La kombucha ou le kéfir de fruits : Excellents pour votre microbiote au passage (vous pouvez même les faire vous-même).
Les mocktails et le Gimber : Le Gimber (sans sucre) ou la ginger beer avec de l'eau gazeuse apportent ce côté "peps" recherché.
Des marques spécialisées : JNPR, OSCO, Jardins, Uma ou Le Petit Béret proposent de superbes gammes très agréables à déguster.
En été : Pensez aux soupes froides type gaspacho ou aux jus de légumes à l'extracteur.
2. Identifier le besoin derrière le verre
Si vous associez l’alcool à une détente dont vous manquez au quotidien, posez-vous la question : avez-vous testé une activité sportive régulière ? Ou une activité d’expression artistique (théâtre, chant, poterie, dessin...) ? Parfois, le réflexe de la boisson vient simplement parce qu’il nous permet d’accéder à un temps de pause que l’on ne s’octroie pas autrement.
Aller plus loin
Si vous sentez que ce besoin de déshinhibition ou d'ivresse cache quelque chose de plus profond (mal-être intériorisé, quotidien trop pesant), n'hésitez pas à en parler. Faire le point sur vos besoins et vos sources de tension peut faire toute la différence pour votre équilibre hormonal et votre santé globale.
Vous souhaitez faire le point sur votre terrain hormonal et comprendre comment mieux soutenir votre corps au quotidien ?
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