Contes et légendes autour de la pilule
On est tellement nombreuses à l’avoir prise un jour, à la prendre encore en ce moment, ou à la prendre peut-être demain. Les motifs sont nombreux, et propres à chacune.
On entend beaucoup de choses à son propos, et notamment des choses erronées. Ainsi, je tenais à débunker certains mythes qui ont la peau dure, afin de vous proposer une vision un peu plus objective.
Je précise que ce post n’a ni vocation à critiquer la pilule, ni à vous encourager à la prendre. Vous seule devez avoir cette réflexion, et êtes légitimes à l’avoir, à l’aide de votre professionnel de santé.
Mythe n°1 : La pilule régularise les cycles
Le propre d’un cycle, c’est de dépendre de l’ovulation qui en est son élément central (un cycle est défini par la période qui sépare deux processus ovulatoires !). La pilule oestro-progestative empêchant l’ovulation, il n’y a pas de cycle à proprement parler.
En règle générale, lorsqu’on arrête la pilule, on retrouve les déséquilibres que l’on avait déjà avant, et que l’on méconnaissait parfois parce qu’on prend souvent la pilule à un âge où nos cycles ne sont pas encore stabilisés. Résultat : la pilule masque le déséquilibre mais de façon passagère.
Mythe n°2 : Elle soigne les règles abondantes et douloureuses
Les vraies règles découlant de l’ovulation, lorsque l’on est sous pilule oestroprogestative, on n’a pas de vraies règles, puisqu’il n’y a pas d’ovulation. Par conséquent, il est plus juste de parler de saignements de privation.
En revanche, il est juste de dire que ces saignements sont moins abondants et douloureux : la pilule épaissit de façon très limitée l’endomètre, ce qui fait que lorsqu’on prend les comprimés placebo ou que l’on arrête notre plaquette le temps de ces saignements, l’endomètre se détache de façon moins « impressionnante » que lorsque nos hormones naturelles s’en chargent. Certaines prennent même leur pilule en continu, ce qui exclut quasi tout saignement.
Cela peut être très soulageant pour les femmes qui vivent des chutes du niagara permanentes ou qui connaissent la douleur à chaque cycle, mais c’est important de savoir que lorsque l’on arrête le contraceptif, si l’on n’a pas travaillé en amont sur la cause (qui ne devrait pas être à négliger), la problématique resurgira de nouveau. Elle améliore donc le vécu des menstruations, mais ne solutionne pas le problème à la racine.
Mythe n°3 : Elle soigne l’acné
Le principal responsable de l’acné est l’excès d’imprégnation androgénique (lié ou non à un excès d’hormones mâles). Certaines pilules sont très efficaces pour soulager cet excès, d’autres au contraire empirent ce phénomène.
Une fois que l’on arrête la pilule, il existe un effet rebond de la testostérone, lequel déclenche fréquemment des poussées d’acné. Par conséquent, si la cause de cet excès d’imprégnation androgénique n’a pas été approfondie et travaillée, le problème pourra redevenir chronique.
Mythe n°4 : Elle est cancérigène et rend infertile
Cancérigène : oui et non. Elle est reconnue comme réduisant la survenue de celui contre l’endomètre et des ovaires d’une part. En revanche, des études récentes ont montré qu’elle augmentait les risques du cancer du sein, du col de l’utérus, et du foie.
Infertilité : On ne peut pas dire cela. On observe un retour parfois tardif de la fertilité (de quelques mois à quelques années pour certaines !) après la prise prolongée d’un contraceptif hormonal qui a mis les ovaires en veille, MAIS ce n’est pas le cas de toutes les femmes.
L'impact de l'arrêt : Lorsqu’on arrête la pilule, on peut penser que les troubles de fertilité sont les conséquences de la pilule, alors qu’ils existaient en réalité auparavant.
L'importance de l'équilibre micronutritionnel
La pilule peut carencer en certains éléments essentiels à une fertilité optimale (notamment B6, B9, B12, Vit E, CoQ10, Zinc...), et augmenter le stress oxydatif. Elle peut également altérer certains mécanismes en lien avec une bonne santé thyroïdienne, laquelle est indispensable pour un cycle optimal.
Aussi, je recommande toujours de travailler sur l’équilibre micronutritionnel en cas de prise de pilule, mais aussi lors de son arrêt, afin de combler les carences ou déficits potentiellement induits.
Vous souhaitez être accompagnée dans cette transition ?
Que vous soyez actuellement sous pilule ou que vous envisagiez de l'arrêter, comprendre votre fonctionnement hormonal est la première étape pour retrouver un équilibre durable. La naturopathie offre des outils précieux pour soutenir votre terrain, combler d'éventuelles carences et vous aider à redevenir actrice de votre santé.
Si vous ressentez le besoin d'un suivi personnalisé pour aborder sereinement ces changements, je vous invite à réserver votre appel découverte offert de 20 minutes. C’est l’occasion idéale pour faire le point sur vos besoins et définir ensemble l'accompagnement qui vous correspond.