Compléments alimentaires : les erreurs à ne pas faire
Le marché des compléments alimentaires explose depuis quelques années, cela ne vous aura pas échappé. Si en tant que naturopathe, je suis régulièrement amenée à recommander ces derniers dans le cadre de programmes d’hygiène vitale individualisés, de très nombreuses personnes en achètent de façon spontanée parfois sans recevoir le moindre conseil, et en ayant une grande méconnaissance des pièges dans lesquelles il est facile de tomber.
C’est un métier (pas même celui du naturopathe, mais plutôt du chimiste à la base !) que de savoir ce que contient réellement un complément alimentaire, et s’il est de qualité. En formation de naturopathie d’une part mais aussi dans le cadre de formations annexes et dans mes nombreuses lectures, j’ai appris à distinguer certains éléments que je souhaite ici vous transmettre pour vous éviter certaines erreurs.
1. Souvenez-vous avant toute chose : le complément vient, comme son nom l’indique, compléter
Il n’est franchement pas stratégique de compter sur un ou plusieurs compléments pour (re)trouver la santé. Un complément se prend dans le cadre d’une stratégie globale incluant notamment une alimentation équilibrée et individualisée par rapport au terrain de la personne, une hygiène de sommeil correcte, et du mouvement quotidien. Il ne saurait remplacer une alimentation saine ni compenser les effets négatifs d’un régime déséquilibré.
2. Prenez en compte l’état de votre santé intestinale avant de vous supplémenter
Acidité stomacale suffisante ? Etat de la barrière digestive ? Microbiote ? Transit ? C’est en effet un non-sens de prendre des suppléments si vous n’êtes pas capables de les assimiler correctement. Il est donc essentiel de veiller à une bonne santé intestinale, bien que certains compléments agissent spécifiquement dans ce sens-là. L’hygiène de vie reste la base.
3. La formulation du complément envisagé : molécule principale, additifs, etc.
Magnésium marin, oxyde, citrate, glycérophosphate ou bisglycinate ?
Sels ferreux ou bisglycinate de fer ?
Oméga 3 encapsulé ou sous forme d’huile ? Avec présence de vitamines et minéraux ? Quels labels ?
Collagène de type 1, 2, 3...?
Présence simultanée de fer, cuivre ou zinc ?
Présence de stéarate de magnésium, dioxyde de titane, oxyde et hydroxyde de fer, phosphates tricalciques, silicate de calcium…?
Présence de bêta carotènes adaptée au profil du consommateur ?
L’efficacité d’un complément envisagé, mais aussi ses effets secondaires possibles et les risques associés (et oui, il y en a) est très en lien avec sa formule : prenez soin de vous faire bien conseiller, le marché des compléments est très très vaste et la réglementation aléatoire. Il serait vraiment dommage de dépenser une petite fortune dans des compléments inutiles, voire peut-être dangereux pour votre santé.
3. Le moment de la prise
Saviez-vous que le moment de la prise de votre complément est particulièrement important ? En effet, certains aliments riches en certains micronutriments compromettent l’absorption d’autres micronutriments. .
C’est par exemple le cas du calcium, des aliments complet ou encore des tanins qui compromettent l’absorption du fer et donc il vaut mieux les éviter durant le même repas.
D’autres micronutriments nécessitent certains “transporteurs” pour être acheminés correctement là où l’organisme saura les utiliser. Ainsi, certaines vitamines sont lipophiles (transportables via du gras), ce qui est par exemple le cas de la précieuse vitamine D. Cela signifie que la voie transbuccale (en spray, par exemple) à n’importe quel moment de la journée n’est pas optimal pour son assimilation.
A l’inverse, il est préférable de prendre le zinc a jeun le matin.
Par ailleurs, il existe de réelles interactions entre certains compléments et des traitements médicamenteux. Ne jouez pas à l’apprenti sorcier, les conséquences peuvent être réellement graves.
4. Mais aussi…
La prise de plantes (notamment avec un effet hormonal) sans consulter un professionnel, et encore plus si vous êtes enceinte ou avez des antécédents de cancer hormono-dépendant au sein de votre famille proche
Se supplémenter en fer sans avoir réalisé une prise de sang : le fer est pro oxydant !
L’éthique du laboratoire où le complément est fabriqué, si cela compte pour vous
En somme, vous constatez que cela ne fait pas tout d’acheter un complément… autant faut-il savoir bien le choisir, et le prendre correctement ! C’est pourquoi se faire conseiller par un ou une professionnelle du sujet (ex : un pharmacien s’il est compétent dans ce domaine, un naturopathe, un chimiste…) est indispensable, et je ne recommande vraiment pas l’achat à l’aveugle.